L'EGLISE ET LA VOYANCE

Publié le par Lavoine kathia

L'EGLISE ET LA VOYANCE

Je viens de tomber sur cet article passionnant. Que l'église soit contre la voyance et qu'il n'y a que Dieu qui puisse prédire l'avenir c'est un fait, mais lorsque l'on voit certain prêtre pratiquer l'exorcisme, on se demande qui a raison. On dit que Dieu peut guérir de toutes ces malédictions. La preuve que non parce que les gens font appels à ses guérisseurs paroissials. Mais je ne mets pas en doute que Dieu seul peut vous venir en aide...en espérant ne pas m'attirer la foudre.

 

S. de V.: dans la Bible, pratiquer la divination est considéré comme une abomination. Cette interdiction a été largement reprise par l'Eglise, qui recommande de ne pas recourir aux voyantes ni d'ailleurs à aucune autre forme de phénomènes paranormaux. Pourquoi cette interdiction ? Sur quoi se fonde-t-elle ? Pouvez-vous nous expliquer cette méfiance de l'Eglise ?

 F. J. : Le Catéchisme nous explique que recourir à la divination ou à la voyance est contraire au premier commandement : « Tu n'auras pas d'autre dieu devant moi ». C'est une question de confiance : en qui est-ce que je mets ma confiance ? Pourquoi ai-je besoin d'aller consulter une voyante ?  Qu'est-ce que cela signifie ? Est-ce que je voudrais connaître l'avenir par moi-même, ou est-ce que je le remets entre les mains de Dieu qui est maître du temps ? Cette question de la confiance est le fondement de la position de l'Eglise.

 Dans le passage du livre de Samuel, on veut bien sûr connaître l'avenir, mais aussi entrer en contact avec les disparus. Et quelquefois, comme le raconte cet épisode biblique, cela fonctionne.

F. J. : C'est alors que la plus grande prudence est nécessaire. Il y a beaucoup d'illusions et de manipulations dans le monde de la voyance. Que des personnes puissent avoir certaines capacités, certaines intuitions, pourquoi pas, c'est à examiner. Mais la question demeure : dans quel but ? Si nous souhaitons communiquer avec nos défunts, nous avons la prière, lieu d'une communication qui n'est pas une discussion. Nous confions nos défunts au Seigneur.

 Et pour ceux qui voudraient connaître leur avenir, vous dites qu'il vaut mieux faire confiance à Dieu qu'à quelqu'un ? Ou que notre avenir n'est pas inscrit quelque part ?

F. J. : Le fondement la voyance, c'est en effet de dire que les choses peuvent être connues à l'avance. Mais notre avenir est ouvert, et il est ouvert à notre liberté. Il sera pour une très large part ce que nous en ferons. C'est très fataliste de croire que l'avenir est déjà écrit et qu'il est déchiffrable dans les étoiles ou dans les tarots. Nous chrétiens ne sommes pas fatalistes. Nous croyons à l'avenir que Dieu nous offre et nous croyons que nous y participons.

 L'avenir, Dieu nous l'offre, mais il ne nous le prépare pas ?

F. J. : Il nous demande de collaborer à son œuvre, évidemment, sinon nous serions des marionnettes, nous jouerions un scénario écrit d'avance ! Certainement, Dieu connaît toutes choses, mais c'est parce qu'il connaît notre cœur et qu'il sait le chemin que nous prenons. Ce chemin, Dieu veut l'ouvrir dans la bonne direction.

 Et pourtant, dans la Bible, on voit de nombreux prophètes, et des grands prophètes, annoncer ce qui arrive. On voit aussi des mages dans l'Evangile de Matthieu, qui dit bien qu'ils étaient des astrologues.

F. J. : Les prophètes ne font pas de voyance. Les prophètes annoncent les conséquences de nos actes et  nous invitent à la conversion. Les malheurs qui peuvent être annoncés par tel ou tel prophète arriveront si l'on ne se convertit pas. Parfois le prophète lui-même annonce que le peuple ne se convertira pas, mais que le Seigneur viendra par la suite apporter la réconciliation et le salut. Ce n'est pas à de la curiosité que les prophètes veulent répondre, c'est la conversion du cœur qu'ils visent. Et non ce que les gens recherchent en allant voir tel ou tel voyant.

 L'Eglise n'aime pas la curiosité ?

F. J. : Non, ce qu'elle n'aime pas, c'est le fait de croire qu'en payant un voyant, on va savoir ce qui va se passer demain, et pire encore, qu'on va faire ce qu'il nous dit de faire ! Il faut bien comprendre qu'il y a là un risque qui ne concerne pas seulement notre portefeuille, c'est le risque de la manipulation. On est étonné de voir des gens parfois très cultivés prendre une décision parce qu'une voyante leur a dit que tel jour est favorable. C'est remettre une décision entre les mains d'un gourou.

 Vous voyez souvent des personnes qui ont recours aux voyants ? Qu'est-ce que vous leur dites ?

F. J. : Très certainement, beaucoup de chrétiens ont recours à la voyance, mais les gens sont plutôt discrets et ne s'en vantent pas ! Ils savent bien, au fond, que ce n'est pas une bonne chose. Il peut arriver qu'ils en parlent en confession, on en entend parler au détour d'une conversation... Je regrette un peu que le sujet ne soit pas davantage abordé. Il y a quelques années, Mgr Cattenoz a écrit une lettre à ce sujet à ses diocésains, pour l'aborder de front.

 Donc, si l'Eglise interdit le recours aux voyants, c'est pour mettre l'accent sur la réalité de la vie chrétienne ?

F. J. : Oui, la vie chrétienne, c'est mettre suffisamment sa confiance en Dieu pour ne pas s'inquiéter de son avenir. Que font les gens quand ils vont voir les voyants ? Ils viennent peut-être demander conseil, mais ils viennent surtout se rassurer ! Et parfois, pour certains, ils cherchent illusoirement un certain pouvoir, celui de contrôler leur avenir. Notre avenir est ouvert, il est entre les mains de Dieu et de notre liberté. « Que ta volonté soit faite », il faut le redire sans cesse.

 Cela veut-il dire que, dans notre vie de tous les jours, il faut être parfaitement ouvert et disponible à ce qui arrive, sans crainte ?

F. J. : La crainte, c'est le contraire de la confiance. Chaque jour, le Seigneur nous donne de quoi vivre cette journée avec son amour. Bien sûr, il faut aussi prévoir. L'Eglise ne nous demande pas d'être imprévoyants. Mais entre prévoir des choses rationnelles et recourir à la divination, il y a un abîme ! Nous avons à préparer des activités, à prévoir des choses, mais toujours sous le regard de Dieu, et non pas pour nous croire à la place de Dieu.

 En même temps, dans cette vie de confiance, des choses étonnantes et mystérieuses peuvent se passer, auxquelles il nous faut être attentifs.

F. J. : Il peut y avoir des phénomènes spirituels, des moments particuliers qui nous bouleversent,qui nous intriguent... Ceci n'a rien à voir avec le paranormal ou avec la voyance, mais avec la foi. Le cas échéant, il faut en parler à un prêtre, sous le regard de la foi. Il arrive qu'on vienne me dire : « Dans un songe, j'ai eu telle vision, j'ai entendu telle parole... » On cherche alors à comprendre, sous le regard de Dieu, ce qui arrive, et qui n'est pas magique.

 Mais parfois c'est étonnant ou inquiétant ?

F. J. : Cela peut être étonnant dans certains cas. Ce n'est pas forcément inquiétant. Dieu nous parle, il veut communiquer avec ceux qu'il aime, parfois de manière inattendue.

 Comment reconnaître que c'est Dieu ?

F. J. : On le reconnaît aux fruits spirituels qui sont portés. D'abord des fruits de conversion. Ensuite dans la réalisation ce qu'on a peut-être compris comme une promesse de Dieu, et là nous entrons dans un domaine un peu connexe, avec la question par exemple des apparitions. Comment l'Eglise reconnaît-elle et valide-t-elle l'authenticité d'apparitions ? Il y a des critères assez précis, qui sont d'ordre spirituel et portent sur les fruits spirituels de ces apparitions. Le premier fruit, c'est la confiance, alors que le fruit de la voyance, c'est souvent la peur et l'inquiétude.

 En résumé, l'Eglise interdit le recours à la voyance pour de nombreuses raisons, même si elle ne mésestime pas certains phénomènes mystérieux...

F. J. : L'Eglise ne condamne pas ceux qui ont recours aux voyants ! Ils n'iront pas en enfer pour autant. Elle exprime simplement un appel à la conversion, à mettre sa confiance en Dieu et à se débarrasser de mauvaises habitudes, qui parfois peuvent coûter très cher.

 Mauvaises habitudes, pas péché ?

F. J. : Si, mauvaises habitudes et péché, plus ou moins conscient et volontaire, contre la confiance en Dieu.

Publié dans CROYANCE

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